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Comment acculturer son entreprise à la donnée ? L’histoire de la Caisse des Dépôts

Data Stories Culture data Banques & Assurances

11 septembre 2020

Lecture : 7 minutes

Chloé

par

Chloé

Embarquer ses collègues dans l'aventure du partage de données n'est pas chose aisée. Isabelle, du groupe CDC, nous explique comment elle a rempli cette mission à travers l'utilisation de 4 portails aux missions distinctes.

Cela fait près d’un an que j’ai rejoint l’équipe Opendatasoft et que j’organise régulièrement des interviews avec nos clients. J’ai remarqué qu’une notion revient régulièrement : il est difficile pour les responsables de projet d’embarquer leurs collègues dans l’aventure open data. En effet, les données ont un côté rébarbatif : en général, celles et ceux qui n’ont pas eu l’occasion de s’en servir au quotidien n’en voient pas l’utilité. Or, il est coutume que la situation s’inverse lorsque les collaborateurs commencent à mettre les mains dans le cambouis et à percevoir les bénéfices du projet.  

C’est exactement le type de scénario auquel Isabelle Bridenne, notre data-héroïne du jour, fait face dans le cadre de ses missions à la Caisse des Dépôts. Comment récolter des données métiers au sein d’un établissement qui compte près de 6 000 salariés exerçant des métiers différents (bancaire, investissement, logement, retraite, formation) ? Isabelle nous raconte tout...

Isabelle fait partie du Pôle Data de la Caisse des Dépôts. L’entreprise place sa transition digitale au coeur de ses préoccupations et les missions du pôle data s’inscrivent dans une démarche globale. Ce pôle de huit personnes est responsable de la feuille de route data de la CDC qui inclut différentes dimensions dont la valorisation des données et qui accompagne les différents métiers de l’établissement dans leurs projets data. “Les métiers et secteurs sont très divers : cela va de la banque d’investissement à la gestion des retraites”, explique Isabelle. “Cette diversité implique des natures de données et des systèmes d’information très différents. Le Pôle data travaille avec les Métiers pour décloisonner ces systèmes d’informations, bien identifier les données, les qualifier, les documenter et en faciliter l’usage pour tous.”

 
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La récolte des données

Vous l’aurez compris : le rôle d’Isabelle est hautement transversal. Elle “chasse” les données un peu partout au sein de la Caisse des dépôts. “C’est la richesse de l’activité”, me confie-t-elle, un sourire dans la voix.

Je sais que Manon, le contact privilégié de la CDC au sein de l’équipe CSM d’ODS, est impressionnée par la manière dont Isabelle s’y prend pour récolter des données auprès de ses collègues. Quel est donc son secret ?

“L’essentiel, c’est d’abord d’être convaincu soi-même du sujet”, m’explique Isabelle. “Ensuite, il s’agit de répandre l’information de manière très large… avant d’identifier quelques personnes référentes. En général, il n’y a que 3-4 personnes par métier qui vont s’intéresser au sujet. Avant, j’organisais des ateliers sur l’open data assez larges mais j’ai ensuite décidé de me concentrer sur la formation de ces référents, qui représentent des leviers pour chaque métier. Je me rends disponible pour eux et je passe du temps à les familiariser à la plateforme. Ce processus se joue sur la durée. J’ai moi-même été très généraliste dans mon utilisation d’ODS avant de découvrir tout ce que l’outil permettait de faire.”

Un outil recommandé par la Cheffe de Projet ? La visualisation ! “Les tableaux de bord avec filtres intégrés sont bien plus vendeurs et pédagogiques que les données brutes. Les relations de causes à effets sont plus visibles, ce qui permet d'accélérer les prises de conscience.”

Le travail de fond engagé par Isabelle et l’ensemble du pôle data porte ses fruits. Bien qu’il fut dans un premier temps difficile d’intéresser les collaborateurs, la dynamique est aujourd’hui en train de s’installer. Les référents métiers s’investissent dans la démarche et de nombreuses idées émergent. Aujourd’hui, Isabelle reçoit des propositions régulières de la part des métiers pour publier, valoriser leurs données par le biais de cartographies et tableaux de bord créées via la plateforme ODS.

 

Quatre plateformes, quatre vocations

Le fruit du travail de récolte d’Isabelle se retrouvent sur quatre portails de données distincts, qui répondent à des objectifs bien déterminés.

 

1. “Dataenpartage” : un portail interne

Cette plateforme est dédiée aux collaborateurs de l’établissement et contient essentiellement des données externes mises à disposition des métiers pour enrichir leurs données.

“Cela a pris du temps de faire rentrer le portail dans les habitudes des collaborateurs mais il est de moins en moins confidentiel”, explique Isabelle. “Les métiers commencent même à me demander d’y ajouter de nouveaux jeux de données pour leurs usages. “Dataenpartage” met à disposition des collaborateurs des données externes. Cela permet aux collaborateurs de travailler avec des documents communs (mêmes formats, mêmes versions). L’objectif est d’enrichir nos données et de normaliser cet enrichissement tout en assurant une mise à jour régulière pour les métiers. Pour cela, j’alimente “Dataenpartage” avec les datasets disponibles sur le Data Network d’ODS ou je vais chercher l’information directement chez le producteur.”

“Dataenpartage” est désormais identifié par les collaborateurs de la CDC et par la DSI : “Le portail nous sert à organiser notre sourcing de données externes et l’on réfléchit à son inscription dans l’architecture globale de la Caisse des Dépôts”, précise Isabelle.

 

2. Le “Bac à Sable” : un portail exploratoire


“Cette plateforme est une sorte de laboratoire dédié aux quelques collaborateurs qui souhaitent s’approprier l’outil”, explique Isabelle. “Ils y font des tests en tous genres : création de jeux de données, de graphiques… Je m’en sers beaucoup lorsque j’organise des ateliers open data.”

 

3. Le “Data Wall” : un projet d’envergure

Le Data Wall est un projet en cours de création qui compte beaucoup pour la CDC. Le lancement de ce projet fin 2019 a accéléré la valorisation des données et la prise en main de la plateforme ODS par les métiers. “Nous construisons des jeux de données qui ont pour vocation à être mis en page afin d’être projetés sur un mur d’écrans au sein de l'entreprise”, m’explique Isabelle.

“Ces indicateurs ont pour objectif de mettre en lumière les expertises des différents métiers de manière ludique. On sera loin d’un tableau de bord austère composé uniquement de chiffres positifs et négatifs.”

Ce projet est intéressant car il invite toute la chaîne de production à réinterroger la donnée. “Le fait que ce projet soit visible aux yeux de tous motive beaucoup les différents métiers. Cela incite chacun à retravailler ses données, à réfléchir comment les synthétiser et les mettre en avant.

Ce projet collectif incarne donc une sorte d’antidote au manque d’intérêt que certains peuvent porter au partage de données : le Data Wall est plus motivant car plus concret et plus visible que le portail open data de la CDC. “Il faut désormais finaliser l’affichage afin de montrer ces stories aux collaborateurs de la CDC et les inciter à en créer de nouvelles au fil de l’eau”, explique Isabelle. 

Le projet “Data Wall” fera donc évoluer les objectifs data du groupe dans le bon sens.

 

4. Un portail public, accessible en open data

Les données qui se trouvent sur ce portail ont la spécificité d’avoir été pensées et créées pour un usage open data. “Leur mission est d’exposer nos activités et notre savoir-faire aux yeux du monde extérieur.”

Selon Isabelle, cette plateforme n’en est qu’à ses prémisses : “Nous souhaitons continuer nos efforts open data et publier des données d'intérêt général, qui ne sont pas toujours faciles à trouver ni à construire.” L’ambition sous-jacente ? “En faire un portail de référence autour de nos activités. Il s’adresse en particulier à nos partenaires (en particulier aux collectivités), à certaines professions juridiques avec qui nous travaillons, mais aussi au grand public, à qui nous voulons présenter les différentes missions et expertises de la CDC.”

L’ensemble des travaux menés par le pôle data depuis près deux ans conduit les métiers à s’approprier la démarche de partage de données. Les informations sont plus facilement accessibles, elles sont enrichies avec des données externes et sont plus souvent valorisées par le biais de cartes, de tableaux de bord dynamiques, etc. “C’est un effet boule de neige vertueux”, se félicite Isabelle. Le partage et la publication de jeux de données sur le portail open data devient de plus en plus naturel et les métiers commencent à être forces de proposition.

Voici deux exemples de jeux de données créés sous l’impulsion des métiers :

  • Structure d’innovation sur le territoire : “Nous avons publié une carte faite sur le portail open data qui est également accessible sur notre plateforme de la Banque des Territoires via l’iframe. Le jeu de données et la carte communiquent en temps réel. Cette organisation a des avantages qui permettent de préserver l’unicité de la source de données et limite les développement. Nous sommes fiers de ce jeu de données, c’est une démarche que nous allons à nouveau mettre en place pour de prochains jeux de données.”

 

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  • “Nous avons créé plusieurs jeux de données liés à nos activités auprès des personnes âgées (retraites, logement pour les personnes âgées, handicap). Ces jeux de données présentent des données publiques (INSEE, DREES) enrichies par quelques données produites par la CDC. Ils concernent la population des 60 ans et plus en France et les équipements spécifiques qui leur sont dédiés. Ces datasets proposent des indicateurs variés, documentés et rassemblés sous un même format, au niveau des départements et des communes. Nous ne produisons pas l’ensemble de la donnée mais nous l’enrichissons afin de la rendre éclairante sur un sujet donné. Grâce à ce regard croisé, nous souhaitons partager notre expertise en la rendant accessible et facile d’utilisation. ”

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La création de ces quatre portails et leur expansion incarnent la volonté de la Caisse des Dépôts de mettre la data au centre de ses préoccupations. “Ces portails ont tous été pensés pour répondre au même objectif : l’acculturation à la donnée”, confirme Isabelle.

 

Une acculturation réussie ?

Alors, l’objectif d’acculturation à la donnée de la CDC est-il rempli ? “Nous sommes en très bonne voie, car on détecte un usage croissant de la donnée dans nos projets. Les métiers ont intégré la démarche et les process sont plus rapides.”

Il ne fait nul doute que la démarche de valorisation de la data et son enrichissement au travers des différents portails mis en place font avancer les objectifs de la CDC en matière de transformation digitale. En capitalisant sur des collaborateurs “relais”, Isabelle Bridenne a contribué à fédérer les équipes autour de la donnée. L’enrichissement des portails est désormais une mission qu’elle partage avec l’ensemble des métiers, et l’aventure ne fait que commencer !

À bientôt pour de nouvelles dataventures !

 

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