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Quels sont les enjeux énergétiques des territoires insulaires ? L'histoire d'EDF SEI

Data Stories Energie & Utilities

09 juin 2020

Lecture : 5 minutes

Chloé

par

Chloé

Connaissez-vous les SEI, les "systèmes énergétiques insulaires" ? Ces zones “isolées” représentent un véritable challenge en termes d’alimentation en électricité. L’usage d’outils numériques tels que l’open data a le pouvoir de contribuer à répondre à ce défi… Mais comment ?

Si je vous parle d’EDF, leader de l’énergie en France, j’imagine que vous me suivez tous... Et si j’aborde EDF SEI, me suivez-vous toujours ? Ok, je vous explique : SEI signifie “Systèmes énergétiques insulaires”. EDF SEI est une direction d’EDF qui regroupe des territoires qui ne sont pas reliés à d’autres réseaux électriques continentaux. Cela concerne essentiellement des îles comme la Corse, la Réunion, la Guadeloupe, la Martinique ou Saint-Pierre-et-Miquelon, ainsi que quelques îles bretonnes et normandes mais aussi la Guyane dont le système électrique n’est pas raccordé au Brésil ou au Surinam.

Ces zones étant “isolées”, elles représentent un véritable challenge en termes d’alimentation en électricité, notamment lorsqu’il s’agit d’y intégrer de la production renouvelable intermittente comme le solaire et l’éolien. L’usage d’outils numériques tels que l’open data a le pouvoir de contribuer à répondre à ce défi… Mais comment ?

J’ai eu l’occasion de discuter avec Amalia Ouriachi, Cheffe de projet Smart Grids chez EDF SEI, qui va pouvoir nous en dire plus.

 

Bonjour Amalia et merci de répondre à mes questions ! Tout d’abord, quel est votre rôle au sein d’EDF SEI  ?

Bonjour Chloé ! L’objectif de l’équipe Smart Grids est de mettre les innovations technologiques au profit du système électrique et de la transition énergétique. Au sein du catalogue de ces innovations, on retrouve entre autres plusieurs projets d’envergure autour du partage de données en open data.

 

Comment ce projet open data est-il né ?

Il est né de la conjonction de plusieurs besoins : nous avions la volonté de partager des données sur nos activités, de les rendre accessibles au plus grand nombre, dans une démarche de transparence. Il nous fallait également répondre à une obligation réglementaire de publication d’un certain nombre de données. Enfin, nous souhaitions aussi aller plus loin, en ouvrant la voie à des usages innovants liés aux spécificités des réseaux électriques non interconnectés.

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Quel type de données cette volonté d’aller plus loin concerne-t-elle ? 

Nous avons par exemple mis en place et rendu public un signal qui permet de piloter la recharge des véhicules électriques

Les systèmes électriques des zones insulaires sont de petite taille, isolés et donc fragiles : ils ne peuvent pas s’appuyer sur des interconnexions avec des pays voisins. Par ailleurs, la production d’électricité y est encore pour partie carbonée (fioul, charbon) et donc davantage émettrice de CO2 qu’en métropole. Dans ces territoires, le bilan environnemental et économique des véhicules électriques est donc beaucoup moins positif qu’en métropole.

Afin d’améliorer ce bilan et d’assurer une mobilité électrique vertueuse, nous mettons à disposition un signal indiquant l’état du système électrique pour permettre de piloter la recharge des véhicules électriques. L’objectif est d’orienter la recharge vers des heures de la journée caractérisées par une forte production solaire, ou bien la nuit, lorsque la consommation est plus faible. 

De cette manière, on évite les heures de pointe de consommation électrique de début de soirée et on diminue l’impact CO2 en favorisant les heures où le mix électrique est moins carboné.

 

Très intéressant ! Comment cela se traduit-il pour les conducteurs de véhicules électriques ? Comment sont-ils alertés ? 

On met à leur disposition un signal à 2 niveaux : le niveau 0 indique une période défavorable (le moment n’est pas adapté pour la charge) et le niveau 1 une période favorable à la recharge. Ce signal est visible sur nos plateformes open data (il en existe une par territoire) et peut être transmis en temps réel aux bornes de recharge.

opendatasoft-edf-sei-2

 

Toutes les bornes sont-elles réceptrices de ce signal ?

Ce n’est pas systématique, mais les pouvoirs publics encouragent la mise en place de ce système et récompensent l’installation de bornes de recharge ainsi pilotées. Les commanditaires qui installent ce type de bornes se voient attribuer une prime par le biais des Certificats d’Economie d’Energie. Ces “CEE” ont pour objectif de récompenser les secteurs qui mettent en place des mesures d’économies d’énergie dans différents secteurs : le bâtiment, la petite et moyenne industrie, l’agriculture ou encore les transports. 

Ce label Advenir mis en place en métropole en 2016 a été étendu en 2018 aux bornes des ZNI (= zones insulaires non interconnectées au réseau électrique métropolitain français), à condition qu’elles modulent leur puissance sur la base du signal réseau et qu’elles respectent un certain seuil de puissance. C’est donc une belle victoire et un cas d’usage original pour la plateforme. 

 

Félicitations ! Avez-vous d’autres utilisations de votre portail open data à nous faire découvrir ? 

Oui ! Nous publions en temps réel les données relatives au mix de production du territoire de La Réunion. Ce cas d’usage a beaucoup plu et a été repris par la plateforme Electricity Map - un site sur lequel on peut surveiller le taux de CO2 moyen émis par la production d’électricité dans différents pays. Nous comptons étendre ce cas d’usage à d’autres territoires SEI dans les mois à venir. 

Nous avons également diversifié notre utilisation du portail avec des cas d’usage internes, initiés par les différents territoires. L’avantage est que la plateforme ODS est facile à prendre en main et que le rendu est agréable visuellement.

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L’usage de la plateforme a-t-elle changé la manière de fonctionner de vos équipes ? 

Oui, tout à fait. Le portail nous permet de rassembler des informations qui étaient autrefois éparpillées et déconnectées les unes des autres. D’autre part, le fait de travailler avec des tableaux de bord dont les informations sont mises à jour en temps réel améliore considérablement les processus métiers.

 

Cet usage a-t-il été adopté par tous vos collaborateurs ?

Les usages sont toujours en cours de transformation. L’expérience est différente dans chacun des territoires et des métiers mais les utilisateurs qui s’y sont déjà essayés en sont satisfaits.

 

Avez-vous des projets à venir liés à votre plateforme ?

Nous travaillons sur un projet d’afficheur à Marie-Galante en Guadeloupe, à destination du grand public, qui diffusera en temps réel des informations à propos de la production d’électricité et de l’état du signal des véhicules électriques. Ces informations sont mesurées à l’aide de capteurs qui communiquent avec une page dynamique de notre portail, avant d’être affichées sur grand écran.

 

Beau projet en devenir ! Passons à une question un petit peu plus personnelle : Quel est l’aspect que vous préférez dans votre métier ?

J’ai fait tout mon parcours professionnel au sein du secteur de l’énergie, et je trouve que ce sont les enjeux environnementaux et sociaux qui rendent le sujet particulièrement intéressant. 

Je suis fière de notre projet de signal sur les bornes électriques car il est très innovant : nous sommes pionniers en la matière. 

C’est une véritable victoire qui va permettre d’avancer sur le chemin de la transition énergétique et la plateforme d’Opendatasoft nous aura permis d’avancer dans ce sens.

Je n’aurais pas pu mieux conclure cet article, merci Amalia !

A bientôt pour de nouvelles aventures.

 

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