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Pourquoi les acteurs de l’énergie ont tout intérêt à partager leurs données

Energie & Utilities Culture data

02 avril 2020

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La transition énergétique passera par la transformation numérique et par l’open data. Pour toutes les entreprises du secteur, y compris les nouveaux acteurs des énergies renouvelables, l’innovation va s’appuyer sur l’ouverture des données.

Sans partage de données, la transition énergétique n’aura pas lieu. Cette conviction fait aujourd’hui largement consensus dans le monde de l’énergie. L’open data est devenu incontournable car les données permettent de mesurer la production et la consommation d’énergie, et donc de construire des modèles d’analyse et de prédiction performants. Elle favorise ainsi la gestion des réseaux et l’identification des meilleures manières de réduire la consommation. 

À l’heure où la France est fortement engagée dans ce domaine, l’open data s’impose comme un outil essentiel d’aide à la décision : l’ouverture des données énergétiques est une nécessité pour répondre aux ambitions climatiques. C’est aussi un instrument puissant pour gérer des systèmes énergétiques de plus en plus complexes et un outil de planification particulièrement intéressant pour les collectivités territoriales et les gestionnaires immobiliers, facilitant les opérations d’efficacité énergétique.

Faire de la contrainte réglementaire une opportunité

L’article 179 de la loi sur la transition énergétique prévoit que les gestionnaires de réseaux mettent à disposition les données locales d’énergie. Les grands acteurs du secteur ont fait de cette contrainte réglementaire une opportunité pour répondre aux évolutions du secteur : production d’énergies renouvelables, autoconsommation, mobilité électrique et gazière... Dans un contexte où le volume de données produites double tous les deux ans, les gestionnaires de réseaux n’ont d’autre choix que de devenir aussi des opérateurs de données.

Les demandes de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), chargée de veiller au bon fonctionnement des marchés de l’électricité et du gaz en France, vont dans le sens d’un partage accru des données.

Deux plateformes dont l’objectif est de publier tous les jeux de données réglementaires multi-énergies et multi-gestionnaires au périmètre de la distribution d’électricité et de gaz naturel ont ainsi vu le jour. L’ODRÉ (Open Data Réseaux Énergies) a été fondée en janvier 2017 par GRTgaz, RTE et Teréga, les principaux transporteurs d’énergie, tandis que l’ORE (Opérateurs de Réseaux d’Energie) est née en 2017, notamment à l’initiative d’Enedis et de GRDF, et regroupe les 170 distributeurs d’énergie français. Ces deux plateformes ont pour ambition d’accélérer l’accès aux données afin de faciliter la transition énergétique et de stimuler l’innovation. 

La plateforme open data de l’ORE permet de visualiser et de télécharger les données de consommation et de production d’électricité et de gaz par région, par commune, par distributeur d’énergie et par grand secteur d’activité. Un portail qui fait la part belle aux outils de datavisualisation, cartes interactives et autres graphiques.

Enedis, le pionnier

Pionnier de l’open data dans l’énergie en France, Enedis (ex-ERDF) a ouvert ses données dès avril 2015 et les propose à des mailles géographiques de plus en plus fines, jusqu’au quartier. Une soixantaine de jeux de données sont disponibles dont le bilan électrique national au pas demi-heure, la consommation électrique annuelle à la maille commune, ou encore de précieux indicateurs sur la façon dont un client moyen consomme ou produit l’électricité au cours du temps. Cette plateforme de partage de données permet aux collectivités locales d’affiner leurs politiques énergétiques et aux gestionnaires immobiliers de cibler leurs travaux prioritaires. « Elle intéresse le grand public et les startups de la Green Tech, mais est aussi utilisée en interne, sous forme de dashboard », précise Nicolas Terpolilli, Director Of Engineering chez Opendatasoft.

Enedis a même mis à la disposition du public la cartographie de ses réseaux, publiant en décembre 2019 la carte de ses installations souterraines, après celle de ses installations aériennes. Un événement qui était très attendu.

Le distributeur d’électricité a fait de l’open data un axe majeur de sa transformation digitale. « Le réseau de distribution d’électricité devient une plateforme à travers laquelle la transition énergétique devient possible. L’open data permet à des fournisseurs, à de nouveaux acteurs de l’innovation, de proposer des services qui répondent aux attentes des consommateurs », explique Christian Buchel, directeur clients, territoires et Europe d’Enedis.

Enedis a d’ailleurs fait le choix d’intégrer son approche open data au sein même de son site institutionnel pour s’adresser au plus grand nombre. 

Le gestionnaire de réseau a lancé à Nantes un projet pilote baptisé DataLab, réunissant des acteurs de la ville et des collectivités régionales, des équipes locales d’Enedis et des spécialistes privés de l’efficacité énergétique, et visant à accélérer la transition énergétique grâce à une meilleure utilisation des données. Pour centraliser toutes les données sur une seule plateforme et les rendre aisément compréhensibles, visualisables, analysables et téléchargeables par tous les acteurs (experts, chefs d’entreprise ou agents territoriaux), Enedis a choisi la solution Opendatasoft, qui lui permet également de disposer d’une gestion des droits d’accès.

Les atouts de l’open data

Les acteurs de l’énergie dépendent des données pour répondre aux exigences réglementaires et développer leurs activités. L’analyse et la datavisualisation des données énergétiques permettent à leurs équipes en interne et à leurs partenaires externes de développer des stratégies de transition énergétique. La création d’une plateforme open data permet aussi de rendre les données énergétiques plus transparentes, de renforcer la gouvernance des données, de travailler de manière proactive avec les régulateurs et de se différencier de la concurrence.

Qu’elle se situe au niveau national, régional ou même local, cette approche contribue également à renforcer les liens entre les opérateurs délégataires de services publics et leurs clients concessionnaires. De leur côté, les gestionnaires de réseau de distribution (GRD) de taille plus réduite utilisent l’approche open data comme une vitrine de communication auprès de leur écosystème local afin d’être mieux identifiés.

Le business case d’EDP (Energias de Portugal) constitue aussi un exemple intéressant même s’il est très spécifique. Le premier fournisseur d’énergie du Portugal et 4e producteur mondial d’énergie éolienne a compris que le partage des données était un formidable outil pour transformer le secteur de l’énergie. Améliorer la gestion et l’exploitation des ressources, anticiper les pannes, répondre à la demande des chercheurs et des commerciaux en interne, développer l’interaction avec l’écosystème pour stimuler l’innovation... C’est pour relever ces défis qu’EDP a fait le choix de l’open data. 

Actuellement, EDP s’emploie à relever le nouveau challenge né de la pénétration élevée des énergies renouvelables : celui de l’intermittence. Les fournisseurs ne peuvent contrôler ni le vent ni le soleil et les exploitants cherchent de nouvelles technologies facilitant la distribution des énergies renouvelables. EDP fait le pari que les données ouvertes permettront de relever ce défi en fournissant aux chercheurs et aux start-up des ressources pour élaborer de nouvelles solutions de manière collaborative, conçues grâce à l’intelligence collective.

L’ouverture et l’exploitation des données sont indispensables pour permettre un pilotage plus fin d’un système énergétique en pleine décentralisation et qui intègre de plus en plus de sources de production énergétique. Pour faire face aux discontinuités de production et répondre aux flexibilités de la demande, il est primordial d’utiliser et d’échanger les données.  L’essor de la mobilité électrique et gazière fait également émerger de nouveaux acteurs du stockage énergétique, qui devront échanger des données avec les gestionnaires de réseau pour assurer la pérennité de leurs solutions. Pour la Commission de régulation de l’énergie (CRE), les jeux de données pertinentes non partagés sont encore trop nombreux. Il est crucial d’entraîner tous les acteurs privés du secteur dans le mouvement de l’ouverture des données. 

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