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Comment révolutionner les usages de la donnée ? par l’Open Data Institute

Qu’est-ce que la démocratisation des données ? Pour démocratiser l’accès et l'utilisation des données, il faut d'abord identifier les besoins des utilisateurs finaux : comment veulent-ils accéder aux données et les réutiliser ?

Lauréline Saux
Brand content manager, Opendatasoft
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Qu’est-ce que la démocratisation des données ? Pour démocratiser l’accès et l’utilisation des données, il faut d’abord identifier les besoins des utilisateurs finaux : comment veulent-ils accéder aux données et les réutiliser ?

Lors de Data on Board 2021, Olivier Thereaux, responsable recherche et développement à l’ Open Data Institute (ODI) est revenu sur l’évolution de l’utilisation des données, lors d’une Keynote expliquant comment le rôle des leaders data évolue pour répondre à un besoin de démocratisation des données. Cet article reprend les principaux thèmes de sa présentation – pour en savoir plus regardez la session complète.

 

 

L’ODI est un organisme à but non lucratif dont la mission est de travailler avec les entreprises et les gouvernements pour créer un écosystème de données libre et fiable. Il collabore avec diverses entreprises, des gouvernements, des organismes publics et des acteurs de la société civile afin de créer un monde où les données sont utiles à tous.

Durant sa présentation, Olivier a abordé trois questions clés :

Les données n’ont pas la même signification pour tout le monde. Si les experts data les perçoivent comme des informations auxquelles ils ont accès dans le cadre de leur entreprise ou de leur travail, les consommateurs peuvent voir les choses très différemment, comme l’a souligné Olivier. Pour eux, les données soulèvent avant tout la question de leur collecte et de leur exploitation par les entreprises.

Une étude de l’ODI a révélé que 90 % des consommateurs européens déclarent essentiel que leurs données soient utilisées et collectées de manière fiable et éthique. Par ailleurs, ils ont du mal à faire confiance. Les administrations locales et centrales arrivent en tête, avec 30 à 40 % des personnes interrogées qui leur font confiance. Ce niveau de confiance chute à moins de 10 % pour les réseaux sociaux et les agences de publicité.

Une meilleure définition des données permettrait de mieux en comprendre les enjeux et de combler cette méfiance. Olivier définit les données comme “la façon dont nous apprécions ce qui nous intéresse, afin de prendre de meilleures décisions.” Ainsi il s’agit d’un rapport très personnel : chaque personne se soucie de différentes choses et le type de données différera donc énormément.

À elles seules, les données n’ont aucune valeur – ce n’est que lorsqu’elles sont utilisées qu’elles présentent des avantages. Pour libérer ce potentiel, il faut transmettre les bonnes données aux bonnes personnes pour qu’elles puissent prendre les bonnes décisions. Tout est question de partage : selon l’OCDE, le fait de rendre les données disponibles de cette manière permet de créer 20 à 50 fois plus de valeur. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de rendre les données accessibles et facilement réutilisables.

Il est indéniable que le COVID-19 a causé beaucoup de souffrances. Cependant, Olivier Thereaux estime que cette crise a également eu un impact majeur sur la façon dont nous percevons et partageons les données.

Tout d’abord, la crise sanitaire nous a permis de nous concentrer sur les données concernant la pandémie (le nombre de cas, les hospitalisations et les vaccinations), accessibles grâce à des graphiques et des présentations, qui ont permis de démontrer l’importance des données à de nombreuses personnes.

La crise sanitaire a également eu comme conséquence d’augmenter les volumes et le genre de données collectées et partagées. Les pouvoirs publics ont par exemple élaboré des applications pour recueillir les symptômes des personnes atteintes du COVID afin de mieux comprendre la maladie.

Les acteurs du secteur privé ont également compris qu’ils pouvaient intervenir en mettant à disposition leurs propres données. Les données de mobilité notamment, sont devenues encore plus importantes en permettant de suivre les déplacements des personnes et d’évaluer l’impact de la pandémie. À Londres, par exemple, Mastercard a partagé des informations sur les paiements pour prouver la réussite du confinement, tandis que SFR a collaboré avec les hôpitaux de Paris pour suivre la mobilité des personnes.

Tout cela a radicalement changé les comportements en matière d’utilisation et de partage des données et les a placées au centre de l’attention, au point que tout le monde y attache désormais de l’importance.

Enfin, Olivier Thereaux est revenu sur une question cruciale : “Qui sont les personnes qui traitent les données ?”

Par le passé, ces personnes étaient des professionnels des données, des experts habitués à manier les chiffres et qui les utilisent pour prendre des décisions ou pour les partager avec d’autres personnes.

La simplification de l’accès aux données avec la création de nombreux portails data change la donne et permet de créer une multitude de nouveaux métiers. On pourrait comparer ce phénomène à l’explosion des métiers du web. Aujourd’hui, il existe des dizaines de métiers liés au digital : développeurs front-end, développeurs back-end, designers de l’expérience utilisateur, user researchers, graphistes, architectes de l’information, DevOps, ingénieurs de la fiabilité des sites… des métiers qui n’existaient pas il y a dix ans.

Comme l’a dit Olivier, l’enjeu est désormais d’identifier qui sont les spécialistes dont nous avons besoin pour permettre de créer 20 à 50 fois plus de valeur en veillant à ce que les données puissent être utilisées par les personnes qui en ont besoin.

Cela implique de faire appel à de nouveaux acteurs spécialisés dans les données. Nous avons besoin de personnes qui vont non seulement définir les structures juridiques, les accords de partage des données, mais aussi accompagner les futures institutions, qui seront capables de rassembler les données et de les partager. Le rôle de médiateur est également important car un déséquilibre des forces s’installe à partir du moment où les données proviennent d’une multitude d’acteurs.

Comment s’assurer que les personnes qui ont accompli le travail de collecte ou de traitement des données soient rémunérées et tirent profit des données créées ?

Il y a là tout un monde à inventer et à développer autour de la donnée. Les organisations n’en sont qu’au début d’une démarche de création de valeur issue de la collecte, de l’utilisation et du partage des données.

En résumé, Olivier Thereaux souligne qu’il est donc temps de réfléchir à la manière de créer de la valeur et de nouvelles institutions spécialisées dans les données en élargissant et en réinventant la définition de “l’expert data”.

 

Retrouvez le replay de l’intervention d’Olivier Thereaux > 

 

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