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Améliorer l’action publique grâce au partage de données : Le cas des Ministères

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Saviez-vous que le partage de données est particulièrement utile au secteur des Ministères ? A l’approche de notre Matinée Ministères, découvrez pourquoi et comment les administrations font circuler leurs données.

Chloé Van Dooren
Life coach, freelance
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Notre Matinée Ministères approche à grands pas ! À cette occasion, nous avons pensé qu’il serait judicieux de dédier un article de blog à ce secteur pas comme les autres. En quoi le partage de données transforme-t-il la manière de travailler des administrations publiques ? Quels sont leurs enjeux et comment vont-ils évoluer au cours des prochains mois? Afin de répondre à ces questions, j’ai fait appel à Gaylord Marchesseau, Directeur Commercial Secteur Public d’Opendatasoft (ODS)… Suivez le guide

Oui, tout à fait ! Mon bassin de clients représente environ quatre-vingts organisations issues du secteur public. Soixante collectivités territoriales (régions, départements, villes, etc.) et vingt administrations centrales ou publiques. Nous travaillons avec treize des seize Ministères actuellement en place et commençons donc à acquérir une véritable expertise en la matière.

Le Ministère de l’Éducation Nationale. Lorsque je suis arrivé dans l’entreprise, le Ministère était déjà en pleine réflexion sur sa stratégie open data et je l’ai accompagné dans le processus. Petite anecdote : je travaillais déjà avec ce client auparavant. Mon premier rendez-vous avec le Ministère en tant que membre de l’équipe ODS a eu lieu là où s’était déroulée notre dernière entrevue.

Nous sommes souvent confrontés à des challenges techniques (essentiellement relatifs à la sécurité) mais les véritables défis sont plutôt organisationnels. Le partage de données au sein des Ministères pose la question de la gouvernance et demande de nombreuses validations en interne.

Oui, depuis l’adoption de la Loi pour une République Numérique en 2016, toute entreprise dont la mission est d’ordre public est obligée de partager ses informations. C’est valable pour les organisations publiques, bien sûr, mais aussi pour les entreprises privées qui portent une mission de service public. La plupart des Ministères diffusent leurs données sur Data.Gouv.fr, alors que certains mettent à disposition des fichiers Excel sur leur site web, et que d’autres encore travaillent avec notre plateforme.

Cette obligation légale a beau être d’abord perçue comme une contrainte, elle se transforme de plus en plus en opportunité pour les acteurs publics.

Le partage de données est un outil puissant pour les Ministères. Cette méthode leur permet de répondre à de nombreux challenges. Je pense en particulier à ceux-ci :

– Dans l’objectif de soutenir l’attractivité de leur institution et de leur activité, les Ministères ont besoin de rendre leurs actions visibles et intelligibles. Mettre leurs données à disposition du plus grand nombre leur permet de soutenir leurs initiatives, de promouvoir les actions menées et de mettre en lumière les impacts bénéfiques qui en ont découlé.

– Dans l’objectif de mettre en place une administration plus efficace :

Le besoin de transparence. Dans le contexte actuel, la société demande des comptes au gouvernement. Les individus ont besoin d’informations claires et de décisions justifiées. Partager ses données revient à faire taire les fausses informations, à rendre compte d’une action de manière factuelle et d’être au plus proche des citoyens.

Le besoin de faire circuler la donnée vers l’extérieur. L’open data permet de faire naître des services efficaces, et par-là même de répondre à de véritables besoins sociétaux à moindre coût. C’est un moyen simple et rapide de rapprocher le service public du citoyen et de pousser ce dernier à réutiliser les données mises à sa disposition. De nombreuses données sont encore partagées via des téléchargements de tableaux Excel indigestes qui ne s’adressent qu’à des « sachants ».

Créer une plateforme de partage de données permet au contraire de démocratiser l’accès à la donnée et la rendre utile au plus grand nombre. Exemple : Avec Alim’Confiance, le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a rendu les résultats des contrôles sanitaires du secteur alimentaire accessibles à tous. Ces informations, disponibles via leur site web et leur application, peuvent facilement enrichir d’autres services. Un exemple concret ? Chez ODS, un Channel Slack lié à Alim’Confiance nous permet de recevoir en temps réel les dernières notes attribuées aux restaurants situés autour de nos bureaux. Même principe pour MiamBot : intégré dans l’interface Facebook, ce chatbot offre aux utilisateurs des recommandations de restaurants “sûrs” à proximité de leur localisation. Une autre idée ? Grâce aux données Alim’Confiance, La Fourchette pourrait indiquer la note sanitaire de chaque établissement référencé sur son site et enrichir son offre d’informations.

Le besoin de faire circuler la donnée en interne. Beaucoup d’employés perdent du temps à rechercher une information qui existe déjà mais qu’ils ne savent pas où trouver. L’utilisation d’un portail de partage de données permet d’exploiter le travail déjà accompli, de simplifier le quotidien des collaborateurs et de faire monter en efficacité l’administration et ses sous-divisions. Exemple : le projet POCEAD, dont nous allons parler lors de notre Matinée Ministères, a pour but de capitaliser sur les connaissances internes et externes au Ministère des Armées et de les mettre à disposition de ceux qui en ont besoin pour exercer efficacement leurs fonctions.

Ce dernier enjeu est crucial pour accompagner les administrations dans leur transformation organisationnelle et pour nourrir les métiers. C’est l’une des raisons principales pour lesquelles j’ai tenu à organiser la Matinée Ministères. Les projets de partage de données naissent le plus souvent d’initiatives tournées vers l’extérieur, mais les retombées internes sont tout aussi stupéfiantes.

Il est intéressant de noter que les enjeux que nous venons d’évoquer ne sont pas exclusifs aux Ministères – tous types d’entreprises peuvent y être confrontés.

Je pense à deux spécificités bien marquées :

  1. Les Ministères travaillent au niveau macro. La particularité des Ministères réside dans la géographie de leur action. En tant qu’organes du gouvernement, leurs initiatives sont toujours portées par le national. Les Ministères régulent des thématiques qui vont impacter les territoires et leur donner une direction.
  2. Les Ministères sont caractérisés par une organisation déconcentrée. Leur administration centrale est basée à Paris, mais ils sont également composés de plusieurs services déconcentrés disséminés sur l’ensemble du territoire français. Le Ministère de l’Éducation nationale, par exemple, compte 17 régions académiques (pouvant elles-mêmes comprendre plusieurs académies) alors que le Ministère de la Culture est composé de vingt DRAC (Directions régionales des affaires culturelles). Les Ministères ont donc la double mission de faire ruisseler l’information vers leurs unités locales et d’inciter ces dernières à partager leurs propres données.

Cela dépend des thématiques abordées, car tous les types de fonctions ont besoin de données. En général, nous sommes d’abord en discussion avec les directions « métier » (ex : Direction de la communication) et ensuite avec les directions du numérique.

Il nous arrive de lancer des projets indépendants les uns des autres au sein d’un même Ministère. Nous essayons de rationaliser ces différents usages avec les Directions Numériques et de les appliquer de manière plus globale au sein des organisations.

Nous sommes seulement au début de la démarche ! Lancé par l’État en avril dernier, le programme Tech.Gouv vise à accélérer la transformation numérique du service public. La naissance de ce programme montre à quel point le gouvernement a conscience que le sujet n’est pas encore assez avancé et que le partage de données représente une opportunité de se réinventer et d’améliorer l’action publique. Le partage de données apporte davantage de souplesse, permet d’être plus efficace, de mieux piloter, de mieux communiquer, de mieux fonctionner, de mieux rendre compte et de créer de nouveaux services plus rapidement.

Tout cela va donc dans le bon sens mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

J’aimerais continuer à accompagner l’administration dans sa transformation numérique, dans son ouverture. Pour cela, j’ai pour objectif de m’investir dans des projets ministériels de plus en plus variés, quels que soient leurs cercles de diffusion. Nous ne sommes qu’à 1% du boulot et j’ai hâte d’agrandir mon équipe afin de, pourquoi pas, mobiliser une équipe dédiée exclusivement au sujet passionnant des Ministères.

Je suis devenu incollable en acronymes ! Plus sérieusement, je trouve ce milieu très intéressant car il évolue en permanence. Lorsque je ne travaillais pas encore avec ce secteur, je n’avais pas conscience de la multitude de sujets et de métiers qui y sont liés. Le secteur public est souvent décrié pour des raisons diverses et variées mais en travaillant avec mes clients, je me suis rendu compte que leur fonctionnement n’est ni meilleur ni moins bon que celui du secteur privé.

Enfin, travailler avec le secteur public, c’est avoir l’impression de contribuer à un effort commun, de participer à l’intérêt général.

Le sujet de la donnée, de sa diffusion et de son utilisation est encore relativement vert. Les intervenants de la Matinée ont une très bonne appréhension de la problématique et vont pouvoir partager leurs retours d’expérience sur les complexités et contraintes auxquelles ils ont fait face, mais aussi sur les victoires qui en ont découlé. Je suis certain que leurs discours vont profiter à l’audience et les inspirer dans la gestion de leurs propres projets. Cette Matinée sera également l’occasion de networker et d’échanger ensemble autour de problématiques communes. Rendez-vous le 23 janvier !

Nous espérons que cet article vous a permis soit de vous familiariser avec le sujet de la circulation des données au sein de l’administration publique, soit d’enrichir vos connaissances en la matière. Vous désirez en savoir plus ? Rejoignez-nous le 23 janvier prochain au Morning Coworking Richelieu afin d’entendre les fabuleuses histoires de l’ACOSS (Caisse nationale du Réseau des URSSAF), du Ministère de la Culture, du Ministère des Armées, de l’OFGL (Observatoire des Finances et de la Gestion publique Locales), du Ministère des Solidarités et de la Santé ainsi que de la DILA (Direction de l’information légale et administrative).

À bientôt pour de nouvelles dataventures !

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