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Open data maturity report : quelle est la maturité des pays européens ?

Open data maturity report

Découvrez ce qui ressort du rapport 2022 sur la maturité des pays européens en matière d’open data publié en décembre dernier par la Commission européenne.

Lauréline Saux
Brand content manager, Opendatasoft
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Alors que les citoyens, les consommateurs et les collaborateurs exigent plus de transparence envers les institutions publiques et les gouvernements, l’ouverture des données apparaît comme une nécessité pour les États européens. Mais tous les pays ne sont pas encore au même niveau. C’est ce qui ressort du rapport 2022 sur la maturité des pays européens en matière d’open data publié en décembre dernier par la Commission européenne.

Si cette étude évalue les pratiques de chaque pays, l’objectif est surtout d’aider les pays à analyser leurs progrès dans le temps, de trouver des domaines d’amélioration et de comparer leur maturité à d’autres pays. L’étude propose également un aperçu des meilleures pratiques mises en œuvre à travers l’Europe, notamment pour permettre aux pays de se mettre en conformité avec la directive open data de 2019.

Afin d’évaluer la maturité des pays européens en matière d’open data, Data.europa.eu a étudié 35 pays. À savoir :

  • les 27 États membres de l’UE,
  • 3 pays de l’Association européenne de libre-échange (Islande, Norvège, Suisse),
  • 4 pays candidats (Albanie,Monténégro, Serbie, Ukraine),
  • 1 pays candidat (Bosnie-Herzégovine).

Pour chacun d’entre, la Commission européenne a défini 4 critères d’évaluation.

Quels sont les indicateurs pour mesurer la maturité des pays en matière d’open data ?

La politique du pays en matière d’open data

Cet indicateur vise à comprendre les politiques et stratégies open data de chaque pays, tout en prenant en compte les réalités régionales et locales.

Il examine les mesures en place pour encourager la réutilisation des
données ouvertes par des organisations privées et des organismes du secteur public. Il prend en compte différents aspects :

  • La mise en place d’une politique globale en matière d’open data : 96 % des pays déclarent avoir adopté une stratégie open data, et 74 % ont mis à jour leur stratégie par rapport à l’année précédente.
  • La création d’un plan d’action pour délivrer les objectifs définis dans les politiques open data des pays.
  • Des actions pour améliorer l’accès aux données en temps réel (via des APIs), qu’elles soient géospatiales ou générées par les citoyens. Les données géospatiales et en temps réel sont un sujet clé de la directive sur les données ouvertes de 2019 qui prévoit plusieurs mesures pour garantir l’ouverture des données dans le secteur public. Il n’est donc pas surprenant que 89 % des États membres de l’UE déclarent que leurs stratégies incluent des mesures incitant à la publication et à l’accès à des données en temps réel ou dynamiques.
  • Des mesures pour soutenir la réutilisation des données ouvertes : la directive sur les données ouvertes de 2019 a pour but d’encourager la réutilisation des données ouvertes. Elle mentionne par exemple l’importance de prioriser les ensembles de données de grande valeur (données géospatiales, données relatives à l’observation de la Terre et de l’environnement, données météorologiques, données statistiques, données d’entreprise et données de mobilité.).
  • La mise en place d’une stratégie de gouvernance, qui comprend la création de règles communes, mais aussi le recrutement de responsables de la donnée. La structure de gouvernance peut être centralisée (avec une équipe responsable) ou décentralisée (avec des unités dans chaque département), ou encore hybride comme 70 % des États membres.
  • Promouvoir la réutilisation des données ouvertes : les actions déployées pour faciliter la publication et la réutilisation des données sont également prises en compte pour définir le niveau de maturité des organisations.

L’impact réel des stratégies pour les territoires

Dans le rapport 2022 sur la maturité open data des pays européens, cette thématique a été revisitée. L’objectif est alors de bien distinguer la réutilisation des données et l’impact de l’ouverture des données sur les territoires à travers des usages et services innovants basés sur les données.

Plusieurs indicateurs sont pris en compte : la sensibilisation stratégique, les moyens mis en place pour mesurer et comprendre la réutilisation des données, et l’impact réel créé.

Ils permettent de répondre à plusieurs questions :

  • Les pays sont-ils conscients des bénéfices de l’ouverture des données pour leur territoire ? Par exemple, à travers une réduction des coûts ou une amélioration de la qualité de l’air.
  • Comment les pays mesurent-ils l’impact de leur stratégie et la réutilisation de leurs données ?
  • Quels sont les niveaux de maturité en matière d’ouverture des données, au niveau gouvernemental, sociétal, environnemental et économique ?

La création de portail open data

Pour aider les citoyens, les entreprises ou les administrations à trouver des informations publiques, les États mettent à leur disposition des portails open data. L’Open data maturity report analyse différent aspects de ces portails de données ouvertes :

  • Les fonctionnalités du portail qui vont permettre d’accéder facilement et rapidement à des informations pertinentes (moteur de recherche, filtres thématiques), de comprendre les données (visualisations, licence) et de les réutiliser (APIs, téléchargements et métadonnées)
  • Les usages du portail : pour analyser le comportement des utilisateurs et leurs usages, plusieurs indicateurs peuvent être pris en compte comme le nombre d’appels APIs ou de téléchargements.
  • La gestion des accès au portail, que ce soit pour accéder à des informations confidentielles pour certaines parties prenantes, ou pour publier et réutiliser les données.
  • La pérennité du portail qui doit être garantie par des actions de communication et des programmes d’amélioration basés sur les retours des utilisateurs.

La qualité des données

Sans surprise, la maturité des pays européens en matière d’open data se mesure à travers la qualité des données et métadata mises à disposition. Les données doivent donc respecter plusieurs critères en termes de fiabilité, d’actualisation ou de conformité (notamment avec la norme DCAT-AP metadata standard). Afin d’évaluer cet aspect, la Commission européenne étudie les processus de gouvernance et de contrôle qui garantissent la qualité des métadonnées.

  • La qualité des métadonnées qui doivent être mises à jour régulièrement
  • Les processus en place pour garantir la qualité des données, soutenus par les licences open data
  • Conformité avec le DCAT-AP : cette norme indique les éléments, règles et structures à appliquer pour publier des datasets. Il s’agit notamment de l’un des modèles de métadonnées gérés par Opendatasoft.
  • Le déploiement des données qui doit garantir la qualité et la sécurité des données.

Quels sont les freins à la démocratisation de l’open data ?

Après s’être remis d’une pandémie mondiale, les États doivent faire face à de nouveaux défis géopolitiques et économiques. En 2022, la guerre en Ukraine a des conséquences directes sur l’économie européenne et le marché de l’énergie.

En plus de cette crise internationale, des difficultés nationales apparaissent, telles que :

  • L’insuffisance de ressources : cela concerne à la fois les ressources humaines (de nombreux pays soulignent un manque de compétences en matière d’open data) et les ressources financières (notamment une difficulté à allouer un budget récurrent à l’open data).
  • Le manque de coordination : les différents niveaux étatiques doivent travailler de concert pour favoriser un partage et une gestion des données harmonieuse.
  • L’engagement des parties : il s’agit de développer une véritable culture open data. C’est-à-dire, inciter les acteurs de la sphère publique et privée à fournir leurs données et à réutiliser les informations mises à disposition.
  • La publication des données : il faudrait un meilleur encadrement juridique, technique et financier pour favoriser l’open data dans la majorité des pays.

Cela dit, les difficultés permettent de faire émerger de nouvelles solutions grâce à l’open data. Par exemple, la crise du covid a mis en avant l’utilisation des données ouvertes pour l’élaboration de statistiques, de tableaux de bord et d’applications d’alerte. Plus récemment, de nombreux acteurs de l’énergie se sont équipés de portails open data pour faire face à la crise de l’énergie.

Les États prévoient d’accélérer en matière d’open data

La directive européenne sur les données ouvertes (directive (UE) 2019/1024) encourage les États à favoriser la réutilisation des données dans le secteur public. Or, cette norme doit entrer en application dans chaque pays à l’horizon fin 2022/2023.

Globalement, les États sont tous prêts à appliquer cette directive. Voici quelques chiffres qui le démontrent :

  • 96 % des participants identifient les données à haute valeur ajoutée. Par exemple, les statistiques, les données géospatiales,l’observation de la terre et l’environnement, et les données météorologiques.
  • 100 % des États promeuvent déjà ces informations sur le site de leur portail national.
  • 85 % des États se préparent à mesurer le niveau de réutilisation des données.
  • 63 % des États membres préparent l’interopérabilité de leurs jeux de données avec ceux des autres pays.

Les pays investissent donc largement pour améliorer leur maturité en termes d’open data. Ce qui laisse présager de belles perspectives pour l’ouverture des données au niveau européen.

En plus de définir des tendances, le rapport établit un classement des pays européens les plus matures en matière d’open data.

La France avec des acteurs de tous les secteurs

La France est en première position du classement, ce qui témoigne des efforts réalisés par l’ensemble de la communauté open data française et des acteurs de différents secteurs pour démocratiser les données.

Chez Opendatasoft, nous accompagnons de nombreux acteurs pionniers dans leur secteur en matière d’open data :

  • Les collectivités territoriales : les villes de Paris et Rennes font partie des premières collectivités à avoir ouvert leurs données. De nombreuses autres villes, métropoles, départements et régions partagent désormais leur données avec notre plateforme. Par exemple les régions Ile-de-France, Pays de la Loire ou Auvergne, les départements de la Mayenne ou des Pyrénées-Atlantiques, la métropole d’Aix-Marseille-Provence, de Lille ou de Clermont, ou encore les villes de Dijon ou Orléans.
  • Les institutions publiques : L’URSSAF et le ministère de la Culture sont parmi les premières institutions à avoir ouvert leurs données pour plus de transparence et d’efficacité en matière de pilotage des politiques publiques. Elles ont été suivies depuis par la majorité des ministères et institutions publiques comme par exemple le ministère de l’Économie et des Finances, le ministère des Sports, le ministère de l’Éducation nationale ou encore le ministère de la santé.
  • La banque : la BPCE est le premier acteur bancaire à avoir ouvert ses données en open data.
  • L’énergie : Enedis et EDF sont les premiers fournisseurs d’énergie à avoir ouvert leurs données en France pour mieux piloter les réseaux et accompagner les objectifs de transition énergétique. Opendatasoft accompagne ce mouvement chez les énergéticiens depuis plusieurs années et plus récemment en Europe du Nord et notamment en Grande-Bretagne et en Irlande, avec des acteurs comme UK Power Networks, Energias de Portugal, Northern Ireland Electricity Networks, Scottish Power Energy Networks, Electricity North West et Northern Power Grid.
  • Les transports : La SNCF a adopté Opendatasoft en 2016 pour démocratiser ses données en interne mais aussi via un portail open data.
  • Le secteur du Luxe : Kering a lancé son portail open data en 2018 afin de communiquer sur l’impact de ses activités sur l’environnement.

Tous ces acteurs participent à l’ouverture des données au niveau national. Et pour cause, l’accès libre à des informations en provenance de différents secteurs clés (comme la banque ou l’énergie) favorise la création de valeur pour tous.

Au-delà de la pluralité d’acteurs ayant adopté la culture des données ouvertes, la France se distingue aussi par les actions mises en place. Voici quelques exemples :

  • Plus d’une cinquantaine d’actions ont été menées en faveur de la digitalisation du service public.
  • Le ministère de la Transition Ecologique s’engage à créer une “géoplateforme”. L’objectif est de favoriser l’ouverture des données géospatiales en temps réel afin d’aider les collectivités à observer et piloter les dynamiques territoriales.
  • Des services comme “annuaire entreprises” ou “mon entreprise” de la Direction interministérielle du numérique encouragent le partage de données des acteurs économiques privés.
  • Le portail open data français (data.gouv.fr) compte de loin le plus grand nombre de visiteurs uniques (1,4 million par mois). Cela a été rendu possible grâce à une série d’actions, comme la publication régulière d’articles, l’envoi d’une newsletter, la mise en place de notifications, les questionnaires de satisfaction, etc.

Les autres pays pionniers

Au-delà de la France, la Commission européenne classe les autres pays pionniers en matière d’open data. C’est-à-dire, ceux qui lancent la tendance. Ces derniers disposent d’un excellent niveau dans tous les domaines susmentionnés. Une politique open data avancée, une forte coordination des activités à tous les niveaux du gouvernement, un portail avec un large éventail de fonctionnalités, ainsi qu’une qualité des données optimale.

Voici le classement des pays européens les plus matures en termes d’open data :

Classement-pays (1)

L’open data s’est imposée déjà depuis plusieurs années et est adoptée par tous les acteurs. Toutefois, les réglementations et tendances évoluent. Il convient donc de suivre un certain nombre de bonnes pratiques pour s’adapter et continuer de bénéficier des avantages qu’offrent les données ouvertes.

Comprendre les besoins de vos parties prenantes et définir des usages en amont

Pour garantir l’impact des stratégies mises en place par les différents pays, il est essentiel de mettre en place des usages innovants basés sur les données. C’est un critère qui prend de plus en plus d’importance au sein de l’Open data maturity report. En commençant par des datasets à forte valeur ajoutée, et des usages simples, il sera plus simple de témoigner de l’impact de la stratégie mise en place.

Plusieurs méthodes peuvent être utilisées pour suivre l’impact des projets data, comme les entretiens structurés ou semi-structurés, les cas d’utilisation, les analyses de données à partir du portail national, etc. L’idée est de prendre en compte les paramètres spécifiques du pays et d’avancer par itérations pour affiner la méthode.

Définir une stratégie de gouvernance solide

La plupart des critères évalués par l’Open data maturity report dépendent d’une solide gouvernance des données. Une telle stratégie permet de garantir que les données sont cohérentes (notamment grâce aux métadonnées), fiables (elles sont enrichies et à jour), sécurisées, utilisées correctement (en fonction des normes définies et des besoins des parties prenantes) et conformes aux différentes réglementations .

Développer en continu votre portail de données ouvertes

Les données ouvertes, et les besoins des utilisateurs, évoluent constamment. Il est donc important de recueillir régulièrement leurs retours d’expérience afin d’améliorer votre portail et la manière de présenter vos données. C’est un point essentiel pour créer de l’impact, même après le lancement du portail.

Collaborer et partager les meilleures pratiques dans l’ensemble du secteur

La collaboration est un aspect essentiel pour créer de nouveaux usages innovants grâce aux données et progresser plus rapidement. En échangeant sur leurs meilleures pratiques et en partageant leurs données à grande échelle, les pays européens peuvent trouver des solutions pour faire face aux crises.

Si le niveau de maturité des pays n’est pas uniforme, la volonté de développer l’ouverture de données est bel et bien présente. Pour chacun, l’enjeu est alors d’améliorer sa stratégie open data et sa mise en place (que ce soit au niveau de la politique, de l’impact, du portail ou de la qualité des données) à l’échelle nationale. Par ailleurs, une plus grande collaboration devrait aussi permettre de renforcer l’open data sur tout le territoire européen. L’idée est d’apprendre les uns des autres et de susciter de nouvelles initiatives.

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